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Israël, une terre de misère qui s'ignore
-
Libération
Le temps
des soupes populaires est arrivé
- Le Figaro
Hazon
Yeshaya, la chance unique d'aider - Communautés
Abraham et les nouveaux
pauvres israéliens
- Le Figaro
Des
familles en détresse - Actualité Juive

Israël, une
terre de misère qui s'ignore
Les soupes populaires se multiplient dans tout le pays et l'Intifada
entraîne une recrudescence du chômage.
ALLOUCHE Jean-Luc
La
rue Rachi, au cœur du quartier Mékor Barouh de Jérusalem, a connu
des jours meilleurs : la promiscuité, les constructions branlantes,
les institutions orthodoxes lui donnent son cachet, semblable à la
plupart des faubourgs religieux de la ville la plus pauvre d'Israël,
après Bné Brak, autre bastion orthodoxe dans la banlieue de
Tel-Aviv. Il y a une dizaine d'années, Avraham Israël, homme
d'affaires américain, a aidé une jeune handicapée à traverser cette
rue, découvert sa mansarde et son repas quotidien : du pain et un
yaourt. Habitué aux hôtels, se souvient-il, «je ne voyais rien». Rue
Rachi, il ouvre sa première cantine populaire pour 17 personnes.
Aujourd'hui, Hazon Yéshaya (la Vision d'Isaïe, du nom de son père)
sert 4 000 repas chauds par jour.
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Le temps des soupes
populaires est arrivé
C’est un appartement à
peine meublé, dans une HLM sans ascenseur de Neve Yaakov, un
quartier populaire de Jérusalem. Menaché Amo pousse un soupir de
soulagement en regardant les boîtes en plastique apportées par Irit,
une volontaire souriante. « Sans le rabbin Israël, je ne
mangerais pas tous les jours », soupire Menaché. Irit est
l’une des bénévoles de la soupe populaire Hazon Yeshaya, fondée par
Abraham Israël, homme d’affaire, rabbin, et bénévole qui sert
environ 1 000 repas chauds par jour aux plus démunis de Jérusalem.
Aujourd’hui, Menaché mangera du poulet au riz, préparé dans la
cuisine centrale de la rue Rachi. La quarantaine fatiguée, cet
ancien vendeur ambulant marche difficilement depuis qu’il a éte
victime d’un attentat palestinien en 1995. Il passe ses journées
dans un fauteuil, une couverture sur les genoux. Sa femme est à
l’hôpital avec un cancer. Ses deux filles « mangent à l’école ».
Ses ressources ? Menaché montre une pension d’invalidité de 5 559
shekels (environ 112 euros). Normalement, elle ne peut être cumulée
avec l’équivalent du RMI, 3 000 shekels (600 euros environ) pour un
couple ave deux enfants au taux de base. Ce n’est pas assez pour se
nourrir correctement.
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Communautés
La
chance unique d'aider
son prochain
On
le disait récemment encore, la misère, la faim et la pauvreté on
resserré leur étau sur Israël. Il existe cependant des êtres
d’exception que le destin a choisi de mettre sur le chemin des
oubliés du bonheur, afin qu’ils puissent goûter aux joies simples
d’un repas chaud quotidien. Le rabbin Israël est un personnage
charismatique dont l’histoire est indissociable de l’œuvre.
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Abraham et les nouveaux pauvres israéliens
Pierre Prier
Il y a quelques jours,
le rabbin Abraham Israël a reçu un coup de téléphone de l’un de ses
quatre centres de distribution gratuite de nourriture. « Viens
voir, il y a un problème », disait le responsable, un peu
embarrassé. « J’y vais et je tombe sur le problème : un homme en
costume cravate qui ne correspondait pas au profit habituel de ma
clientèle », raconte Abraham Israël, businessman, homme de
religion et bienfaiteur des nouveaux pauvres israéliens. « Il
avait le language et les manières d’un homme instruit, poursuit
le rabbin. Il m’a dit : « Je suis géné de vous demander ça,
mais j’ai besoin de trois repas. J’ai trois enfants. » Je lui ai
dit : mais alors, c’est cinq repas qu’il vous faut. Il a répondu :
« Je ne veux pas insister. Ma femme et moi nous prendrons
peut-être un petit morceau. » Il était mortifié ».
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Des
familles en détresse
Un appel
de l’U.L.I.F.
L’Union Libérale Israélite de France, L’ULIF, lance une campagne
contre la faim en Israël, avec l’association Hazon Yeshaya.
La
communauté organisée autour de l’Union Libérale Israélite de France
réunit régulièrement 500 à 600 fidèles de tous âges aux offices du
shabbat et environ 5 000 personnes aux solennités de Tichri, ce qui
en fait une des plus grandes assembées du judaisme français.
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